Pourquoi est-il si difficile d’assumer ses erreurs et ses échecs ?

Épictète nous rappelle par cette phrase d’une étonnante intemporalité, la regrettable propension de l’Homme à se dédouaner de sa responsabilité dans ses actes malheureux : l’erreur, la faute ou la mauvaise décision. 

En entreprise, on observe qu’il reste difficile pour un patron ou un manager d’assumer, au fond de soi et vis-à-vis des autres, que l’on a pris une mauvaise décision ou fait une erreur, préférant imputer cela aux circonstances externes ou à l’équipe.

S’il est si difficile de nier sa part de responsabilité dans ce qui arrive, c’est le plus souvent pour des raisons d’ego et de manque de confiance en soi. « Je reconnais ne pas avoir assumé mon erreur en me séparant précipitamment d’un collaborateur, au motif qu’il n’était pas à la hauteur. En réalité je n’avais pas donné à cette personne les moyens de sa réussite chez nous » témoigne Jean, directeur général adjoint d’une entreprise industrielle. Dès lors, plutôt que d’assumer leur responsabilité et de tirer les leçons ou corriger leurs erreurs, les managers consacrent leur énergie à protéger leur ego, en mettant en place des scenarii qui rendent les autres ou les aléas responsables des événements. « J’ai fait porter le chapeau à ce collaborateur en l’accusant de nous avoir floués sur ses capacités à performer. J’ai demandé son licenciement à peine trois mois après son arrivée. Il avait tout quitté pour nous rejoindre. Aujourd’hui, je sais que j’ai été lâche et que je n’ai voulu que protéger l’image d’un manager qui ne fait pas d’erreur » rajoute-t-il.

Les managers gagneraient en efficacité et en confiance, si la lutte pour préserver leur ego s’effaçait au profit de la capacité à assumer leur responsabilité et à rechercher des solutions.